Lors du premier tour des élections DP à l'ITEP, le quorum n'avait pu être atteint...
Quelques jours plus tard, à travers une "Lettre ouverte aux salariés de l'ITEP", on apprenait qu'un mystérieux "collectif" s'était formé pour provoquer un second tour en faisant
circuler la "consigne" de ne pas voter. Tout cela s'est bien évidemment déroulé dans une discrétion absolue, digne des plus grands complots ! (Enfin presque...)
Voici donc que 4 candidats "libres prêts à défendre les droits de tous" émergent de l'obscurité pour incarner ce collectif. C'est bien connu, les listes "libres" ont ceci de particulier
qu'elles le sont rarement. Il est même des cas, plus nombreux qu'on ne le pense, où elles sont suscitées par les Directions. Rien de vraiment nouveau : c'est là une vieille méthode
patronale pour se construire une "opposition" sur mesure. Bien entendu, nous ne sommes pas dans ce cas de figure même si certaines rumeurs (mais il ne s'agit que de rumeurs) et certaines
affinités affichées avec ostentation ne laissent pas d'étonner. Il est vrai qu'on nous parle "d'aller de l'avant pour que l'ITEP évolue"...
En tout cas, on a beau lire et relire cette lettre, rien sur les conditions de travail, rien sur les questions d'organisation et de fonctionnement pas plus que sur la baisse des budgets,
rien non plus sur l'avenir de l'ITEP et la pérennité de certains services. On a beau cherché, consulté le verso vierge, rien. Au final, on comprend que l'unique raison d'être de ce
"collectif", c'est de se débarrasser des syndicats.
Le second tour des élections amena son lot de phénomènes surprenants. Le plus marquant d'entre eux fut la mobilisation des cadres. Il sera certainement nécessaire de
reconsidérer la représentation de cette catégorie de salariés au niveau des établissements.
Le résultat est conforme à ce que nous attendions : un titulaire et un suppléant pour chacune des listes.
Nous sommes bien conscients que cette situation reflètent des lignes de fracture importantes au sein du personnel. Quoi qu'il en soit, les DP SUD et CGT accompliront leur mandat en toute
indépendance et dans le strict respect des missions qui sont les leurs : la défense des droits individuels et collectifs des salariés.
Dans un contexte d'offensive patronale, où nos employeurs paraissent décidés à en finir avec l'emblématique CC66, il serait irresponsable de déroger à ses dispositions ou de passer sous silence
les irrégularités. Ce serait donner là des arguments pour justifier une "révision" qui n'a d'autre but que de déréglementer et de libéraliser notre secteur.
Qu'on le veuille ou non, les syndicats demeurent les seules organisations légitimes à représenter les intérêts matériels et moraux des salariés, (de par leur histoire et leur caractère national et interprofessionnel notamment). Après, on peut effectivement penser que les "collectifs" et autres "coordinations" le sont tout autant. L'expérience nous montre pourtant que leur existence reste éphémère et sans lendemains.
Sur le "complot" (qui n'est qu'une image à prendre comme telle !), pourquoi ce collectif ne s'est-il pas manifesté publiquement ? Pourquoi cette "consigne" n'a-t-elle pas été assumée au grand jour ? Comment doit-on qualifier cette méthode ?
Et puis honnêtement, n'est-il pas surprenant de voir surgir un "collectif" en plein processus de restructuration dont on sait qu'il a singulièrement tendu les rapports entre la Direction et les syndicats ? Et comment interpréter le vote massif des cadres au second tour ?
L'autre reproche que l'on pourrait adresser est l'absence totale de "positionnements" concernant l'avenir à court et moyen terme de l'ITEP. Avoir pour seul viatique la volonté un peu naïve "d'aller de l'avant" nous semble quelque peu superficiel.
Il y aurait encore beaucoup à dire mais cessons là la polémique. Les salariés ont en effet tranché : chaque liste aura ses représentants auprès de la Direction. Les délégués Sud et Cgt accompliront leur mandat dans le respect des engagements pris. Ni plus, ni moins.